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Atelier de réminiscence

ou atelier mémoire

 

Cet atelier s'adresse à des personnes possédant assez de capacités cognitives pour entamer une relation sociale. Pour les résidents atteints de démence, on pourra envisager des ateliers mémoires mais avec d'autres objectifs, d'autres moyens et des intervenants formés.

vu la nature de l'activité le terme de réminiscence est plus adapté que "mémoire" mais beaucoup plus abstrait.

 

Les Concepts

   La mémoire est garante de notre identité, elle permet la construction de notre personnalité par l'expérience et le souvenir. .( Colette Bizouard, cultiver sa mémoire, chroniques sociales. 1993).

   Aller chercher dans le passé lointain, puis plus proche les souvenirs qui nous ont faits, intégrer notre environnement social et géographique qui est notre réalité et finir sur nos sens. Comme si nous ramenions toutes ces parcelles de vie au plus profond de nous pour nous renforcer davantage.

   La mémoire c'est aussi l'expérience. Les ateliers sont libres, chacun vient ou ne vient pas, les choix sont respectés, chaque participant est responsable de ses choix et de leurs conséquences. Ce principe stimule l'attention des clients qui ont intérêt à se souvenir car aucun rappel ne sera fait.

   Un autre concept régit les séances, l'échec individuel nuit gravement aux personnes à l'identité fragile. Pour éviter les écueils, chaque exercice est proposé collectivement et s'il y a échec, il est collectif, c'est un échec du groupe et non pas des individus qui le compose.

   Enfin, l'animateur est le médiateur du groupe, il doit mettre les gens en relation mais n'a pas pour mission de réguler la hiérarchie du groupe. Les seules interventions permises dans la composition du groupe doivent être dictées par la mise en danger d'un des individus.

Les Objectifs

   Cet atelier est très structurant.

   Il fait appel à ce qui a construit l'individu en travaillant la mémoire événementielle et émotionnelle.

   Il permet à chaque personne d'intégrer les nouveaux repères en stimulant la mémoire sémantique.

   Il optimise l'individu grâce à la mémoire sensorielle.

 

   Pour créer cet atelier il faut tenir compte de deux objectifs:

L'objectif individuel des participants, travail sur les performances mnémoniques.

L'objectif d'animation, optimisation de l'individu et son intégration au groupe.

L'objectif des clients.

" Je ne sais plus ou j'ai mis les clés, je perds la tête" cette plainte courante chez les personnes âgées, sous-entend la peur de la déchéance cognitive. Participer à un atelier mémoire c'est se rassurer sur ses capacités.

Le rôle de l'animateur, dans un premier temps, est de proposer un travail sur la mémoire à long terme. Les événements qui s'y rapportent remontent loin et sont généralement précis. Elle fait appel aux évènements qui ont construit ce que l'on est, elle est le fondement de notre personnalité.

Le travail sur la mémoire de courte durée n'est peut être pas le plus constructif, mais il demande de gros efforts de concentration et la sensation de "bien travailler", "de ne pas être venu pour rien", elle renforce la satisfaction personnelle et la confiance en soi.

La mémoire à moyen terme est souvent la source des plaintes, elle demande de l'apprentissage, de l'effort et surtout de l'intérêt. L'institution et sa prise en charge quasi totale ne favorisent pas cette mémoire : "quel intérêt de savoir si nous sommes lundi puisque rien ne se passe plus que mardi et mercredi ou dimanche", dans la vie quotidienne la mémoire à moyen terme est sollicitée en permanence, la liste des courses, les diverses tâches professionnelles, etc. en institution on évite cette peine, on vous rappelle dix fois le rendez-vous chez l'opticien et de toute façon on viendra vous chercher.

L'absence de projet, d'intérêt, de désir nuisent aux capacités de la mémoire à moyen terme.

L'objectif de l'animateur.

La mémoire est garante de notre identité.

Fort de cette constatation, l'objectif de l'animateur est de proposer au groupe un espace ou chacun pourra faire part de son vécu, de son histoire et ainsi être accepté par ce groupe. Pouvoir dire qui on est ou qui on a envie d'être et quelle est notre histoire place, un temps, la personne au centre du groupe qui, de fait, l'intègre.

Pour se projeter vers l'avenir il faut prendre appuis sur des bases saines. Pour nos clients les bases saines sont la réalité, aussi dure soit-elle, de la vie collective, du handicap qui l'a provoqué. En travaillant sur l'environnement actuel, social et géographique, l'objectif sera d'aider les personnes à s'approprier leur quotidien, leurs locaux, leurs voisins afin de se sentir en adéquation avec la réalité.

La Pratique

Les séances se succèdent au rythme de une par semaine.

Chacun est libre d'y assister, d'arriver en retard ou de partir avant, ce procédé permet de stimuler le choix.

La séance se décompose en six parties :

L'accueil
La mémoire à long terme
L'espace de concentration
L'appropriation de l'environnement
Stimulation des sens
La séparation

 

L'accueil

Le début de la séance commence par un rappel des noms et prénoms de chacun, animateur compris. Mais c'est le groupe qui doit énoncer l'identité des participants. Cette pratique permet une appartenance rapide au groupe. Chacun se sent identifié, et si ce n'est pas le cas, on prendra le temps de discuter avec le nouveau résident pour apprendre à le connaître, le mettant ainsi au centre du groupe.

La mémoire à long terme

Sur proposition, chacun est sollicité pour raconter une expérience lointaine ( l'école, une fête de famille etc..) Que l'expérience soit heureuse ou douloureuse, hors sujet, chacun est libre de s'exprimer. L'important est d'offrir aux autres une parcelle de nous et d'être reconnu à travers notre histoire. L'animateur doit être le plus discret possible et laisser les participants réagir à l'histoire de l'autre.

L'espace de concentration

Les deux premiers temps étant d'expression libre, il est important de recentrer la séance sur la demande des participants. Cette concentration stimule la mémoire de courte durée. Plusieurs moyens peuvent être utilisés en fonction des personnes présentes. Jeux de carte, jeux de lettre ( rechercher des paires, jeu du baccalauréat, etc….)

L'appropriation de l'environnement

Ce temps fort de la séance permet de s'approprier mentalement l'entourage social et même les locaux. Il permet une régulation par le groupe de l'adaptation. Ex: demander de citer tout ce qui se trouve dans la chambre et qui commence par la lettre "c". Les participants visitent mentalement leur chambre et chacun énoncent ses trouvailles. Si par cas un résident trouve un objet n'existant que dans son ancien logement, le groupe rappelle le mot d'ordre qui est dans SA chambre, sous-entendu ici. Ce n'est pas à l'animateur de recadrer, c'est le groupe qui doit fixer ses limites, accepter ou pas les débordements. On peut sous le même principe demander, à l'aide d'un plan de resituer l'ensemble des résidents dans la salle de restaurant. Chaque membre du groupe fera ainsi partager ses connaissances avec les autres. Par la même occasion l'animateur repèrera les personnes "oubliées", alarme d'un éventuel isolement social. L'intérêt de cet atelier est que les résidents ne participant pas à la séance sont indirectement concernés, je me souviens qu'une participante ayant appris que le monsieur qui mangeait de l'autre côté de la salle s'appelait Félix, était aller le trouver en sortant pour lui dire que son fils s'appelait comme lui, c'est ensuivit une conversation. Auparavant ils ne s'étaient pratiquement jamais parlé.

La stimulation des sens

Les sens plus particulièrement stimulés en séances de mémoire sont le toucher et l'odorat. Les autres sens sont constamment sollicités en vie collective.

L'odorat:

L'odorat est très intéressant à travailler, car l'odeur n'est pas associée directement à un objet mais plutôt à un sentiment, une ambiance, une sensation. Cela réveille les souvenirs très anciens, souvent proche de la prime enfance. Ce réveil plonge les participants dans un état de quiétude souvent observé, de plus ces moments de séance sont très conviviaux. Pour travailler sur l'odeur je propose un assortiment d'arôme synthétique, de fleur, fruit, herbe coupée, gâteaux, chocolat etc..

Pour le toucher, je propose par exemple de décrire et de rechercher, à l'aveugle, des objets cachés.

La séparation

Profitant de l'ambiance conviviale, je propose, plutôt que de finir brutalement, de leur laisser le matériel et de les laisser finir la séance tout seul. Plus le groupe est soudé plus les échanges se prolongent Cette manière de terminer une séance permet d'éviter la coupure entre activité et vie sociale. Un atelier n'a de sens que si ses apports renforcent la vie quotidienne.

 

En conclusion, ces séances, plutôt que de travailler les capacités mnémoniques, stimule la mémoire pour optimiser l'individu. En renforçant l'identité on permet aux personnes fragilisées de construire leurs projets de vie, de faire des choix, en un mot de vivre comme vous et moi.

P.Crone

 
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