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L'animation et la démence

Rôle et place de l'animation en structure d'accueil de personnes âgées démentes.

ou

l'Ambiance sensorielle®

Beaucoup d'établissements sont confrontés à la démence et sa prise en charge spécifique.

Quel projet pour les déments ?

Pendant longtemps j'ai pensé que l'animation ne pouvait s'adresser qu'a une population apte à créer une relation sociale.

comment, en effet, créer un lien entre deux personnes démentes alors que justement elle ne font plus le lien dans leurs pensées? 

c'est en me penchant et en essayant de comprendre la démence ou plutôt, les démences et plus particulièrement en découvrant le concept d'Humanitude d'Yves Gineste et Rosette Marescotti que j'ai compris que l'animation avait un rôle important dans la mise en Humanitude®.

l'Humanitude® étant l'ensemble de techniques et de savoir faire/être qui font qu'on appartient et qu'on accepte la personne deshumanisé en l'Humanité et qu'a ce titre nous pouvons cheminer vers un ETRE social.

il en découle un concept d'animation sensorielle:

l'animation ne crée pas la relation, elle la favorise. 

Notre rôle est de veiller à ce que l'environnement, aussi bien social que matériel soit propice à la confiance en soi, à l'identité et à tous les sentiments qui aideront les gens à exister par ce qu'ils sont et donc communiquer.

le problème des personnes démentes en institution est l'inadaptation à leur environnement.

or nos compétences d'animateurs étant de gérer les environnements, nous avons un rôle à jouer. 

notre rôle d'animateur auprès de personnes âgées non démentes, est de gérer le climat social,® de lui donner un sens pour que chaque individu évolue dans sa voie.  

Dans le cas de déments, il faut  adapter ce climat à leur perception, exclure toute agressivité, l'objectif est que le client ressente la sérénité, le bien-être.

on pourrait parler de climat sensoriel®.

le climat sensoriel est un espace créé spécifiquement pour un type de démence.

un dément de type alzheimer ne réagit pas de la même façon aux stimulations qu'un dément de type frontal. si pour l'un, la stimulation est source de maintient des capacités ( alzheimer) pour l'autre, la stimulation est une forme d'agression générant un comportement perturbé.

cette constatation induit une connaissance parfaite du client, de son histoire et de sa pathologie.

l'objectif de ce climat sensoriel®, n'est pas de créer une relation avec autrui mais de créer un relation apaisante entre le client et son environnement.

les travaux de Daniel Taillefer et Daniel Geneau nous enseignent à définir les différents types de démences, leurs particularités, leurs perceptions, leurs " logiques".

les travaux d'Yves Gineste nous enseignent à communiquer avec les sens, à parler à l'histoire du corps.

Ces deux enseignements réunis nous apportent une solution pour répondre, non pas à la démence, mais à la souffrance qu'elle engendre.

mais en pratique que faire?

pour instaurer un climat sensoriel® il faut parler aux émotions, or deux types de mémoire restent intactes malgré la démence.

la mémoire procédurale

la mémoire limbique.

la mémoire procédurale est la mémoire des gestes habituels, de la routine. les déments n'ont plus de mémoire d'apprentissage mais ils peuvent acquérir des routines avec les connaissances qu'ils leur restent.

Ces routines doivent se travailler au quotidien, dans les gestes de tous les jours, lors du lever, de la toilette, du repas, du coucher, etc.

Le travail de cette mémoire procédurale est donc le rôle de chacun, dans son approche professionnelle de la personne démente.

Cette mémoire procédurale s'estompe malgré tout avec l'avancée de la maladie.

 

La mémoire limbique est la mémoire des émotions, la mémoire de l'ambiance affective, selon les termes d'Yves Gineste. 

depuis notre plus tendre enfance des évènements ont suscité des émotions. Les évènements sont oubliés mais les émotions sont ancrées au plus profond de nous. la douleur d'une gifle, la douceur d'une caresse, la peur du noir, le plaisir d'une voix, mais d'autres évènements et d'autres émotions encore qui appartiennent à chacun.

Cette mémoire persiste tant que la vie persiste

On peut facilement en conclure que si cette mémoire émotionnelle est intacte, c'est par elle que nous entrerons en communication. 

 

En diffusant le plaisir à travers les cinq sens.

La douceur du regard, la douceur de la voix, la douceur du toucher sont aussi des attitudes permanentes et donc du rôle de chacun. Ces principes sont à définir dans le projet de soin, 

la stimulation agréable de l'odorat et du goût sont des situations particulières. Bien évidemment le temps du repas est un moment important. mais l'espace privilégié que propose l'animation peut décupler les stimulations sensorielles. la musique, un atelier cuisine, le chant etc.

 

un exemple d'instant sensoriel:

Lors des ateliers les objectifs ne doivent pas être en attente d'un résultat de production. Seul l'état de plénitude doit être espéré. Toute demande de production engendre rapidement un sentiment d'échec, ce sentiment d'échec se propage rapidement sur l'état des autres résidents. Ils ressentent cette agression et le mal-être devient général.

Il faut donc préférer les petits groupes

On n'amène pas les résidents à l'atelier, il doivent y être attiré par l'odeur (atelier cuisine) la musique, la vue. l'animateur doit donc choisir un endroit proche du lieu de vie.

lors de ces instants, l'animateur doit avoir une attitude empathique, pas de gestes parasites, pas de précipitation.

 

dans le cadre d'un atelier cuisine avec confection de gâteaux, je commence souvent seul, les résident arrivent dès que commence la cuisson, ils s'assoient, et regardent.

tout le travail consiste à être opportun, saisir les envies, ne pas les provoquer. si une personne s'approche du plan de travail pour saisir une poêle à crêpe, je m'efface doucement tout en restant vigilant dès qu'une difficulté se présente.

Il n'y a pas de règle générale pour le déroulement des ateliers si ce n'est de stimuler les sens et d'éviter les sensations désagréables.

si l'atelier distille du plaisir à travers le goût et l'odorat, l'animateur a trois moyens importants pour communiquer le calme et la sérénité:

le regard

la parole

le toucher

la parole est importante, non dans le sens des mots, mais dans leur musique. cela ne veut pas dire que le sens n'a pas d'importance, mais la mémoire émotionnelle aura retenue la douceur, l'intonation, la chanson, celle de la mère qui parle à son bébé.

ces technique et ces manières d'être forment les règles de l'art de l'Humanitude. cette Humanitude qui nous permet de reconnaitre l'autre comme faisant partie de notre univers et qui nous assure qu'on fait partie du sien.

P.Crone

 
[ le concept ]
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